Société cardiovasculaire du Canada

Le Dr Saurabh Gupta est chirurgien cardiovasculaire au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick, où il exerce sa profession depuis juin 2024. Il a obtenu son baccalauréat en sciences avec distinction en 2011 et son doctorat en médecine en 2015, tous deux à l’Université Western. Le Dr Gupta a ensuite suivi une formation en chirurgie cardiaque à l’Université McMaster et a obtenu son diplôme en 2022. Au cours de sa résidence, il a également décroché une maîtrise en sciences portant sur la méthodologie de la recherche dans le domaine de la santé axée sur l’application des connaissances.

En 2023, le Dr Gupta a terminé un stage de perfectionnement à l’Université d’Alberta, où il s’est consacré aux chirurgies aortiques et aux chirurgies valvulaires complexes. Enfin, il a suivi un deuxième stage de perfectionnement en matière d’intervention valvulaire transcathéter et de chirurgie aortique à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. Il s’intéresse aux chirurgies valvulaires complexes (en particulier la chirurgie de la racine aortique et de l’aorte) et aux interventions valvulaires transcathéter, ainsi qu’à la chirurgie de la fibrillation auriculaire. La SCC s’est récemment entretenue avec le Dr Gupta pour discuter de son parcours et des leçons importantes qu’il a tirées en cours de route.

Q : Qu’est-ce qui vous a attiré vers la profession de chirurgien cardiovasculaire?

Lorsque j’ai entrepris mes études en médecine, je souhaitais travailler auprès de Médecins sans frontières et j’estimais que le fait d’être chirurgien généraliste ou traumatologue constituerait un atout pour évoluer au sein de cet environnement. Pendant mes études en médecine, mon mentor en chirurgie générale m’a recommandé de m’orienter vers la chirurgie cardiaque. Il n’y avait pas d’option de chirurgie cardiaque là où j’étudiais, mais la Conférence internationale de l’American Association for Thoracic Surgery se tenait à Toronto la même année. Il a donc assumé les frais de ma participation à la conférence, et je dois dire que je n’ai jamais regretté cette décision. Ce fut le coup de foudre dès la première conférence.

J’ai ensuite effectué mon premier stage facultatif en chirurgie cardiaque à l’Université Dalhousie, à Halifax. Mon précepteur était le Dr J.-F. Légaré et, à la fin de mon parcours, nous avons discuté de ma candidature. Le Dr Légaré m’a dit qu’il considérait que je possédais les qualités requises et m’a rédigé une lettre de recommandation très convaincante. Dix ans plus tard, il est aujourd’hui président de ma division et je travaille à ses côtés!

Q : Y a-t-il un élément ou un ensemble de compétences propres à la chirurgie cardiovasculaire que vous appréciez particulièrement?

Aussi cliché que cela puisse paraître, j’aime chaque cas de chirurgie et de chirurgie cardiaque. Hier encore, j’ai réalisé une intervention de pontage coronarien très difficile, dont la complexité m’a beaucoup stimulé. Pour de nombreux chirurgiens, ce n’est peut-être pas ce que nous préférons habituellement, mais il s’agissait d’un cas difficile, et c’est pour cette raison qu’il m’a passionné.

Mais si vous me demandiez de choisir un seul type de chirurgie, je dirais toutes les chirurgies aortiques. Elles impliquent une forte dose d’adrénaline et peuvent être stressantes, mais elles comptent parmi mes procédures préférées en raison de leur acuité et des bienfaits qu’elles peuvent apporter aux patients. Nombre de mes mentors sont des chirurgiens aortiques et ils ont contribué à alimenter ma passion pour ce domaine.

Q : On dirait que vous aimez les défis. Votre parcours de chirurgien cardiovasculaire a-t-il été marqué par des difficultés particulières qui ont constitué un tournant décisif pour vous?

Vous savez, pendant la résidence, les défis font partie intégrante du parcours lui-même. Il s’agit d’un apprentissage très exigeant et d’une période difficile. Je crois que la question se résume à cela. D’un point de vue personnel, accéder à l’école de médecine au Canada s’est avéré être un véritable défi. Je suis un immigrant. Ma famille s’est installée ici lorsque j’avais 12 ou 13 ans, et je pense qu’il existe un malentendu culturel en ce qui concerne les conditions d’admission aux écoles de médecine canadiennes.

Le défi ne résidait pas tant au niveau des demandes d’admission aux écoles de médecine que dans la manière d’expliquer à mes parents immigrés quelles étaient les exigences à respecter. Je pense que je savais quel était mon plan au moment de poser ma candidature, mais y croire et faire en sorte que mes parents y croyaient aussi étaient deux choses différentes. Par exemple, je n’avais pas besoin d’avoir une moyenne de 4,0 pour être admis à l’école de médecine et j’ai dû convaincre mes parents de me faire confiance à ce sujet, mais j’ai également dû me convaincre moi-même. Cela ne posait pas de problème si j’avais une moyenne de 3,8 ou 3,9 ou même 3,75, ce qui était le cas à la fin de mes deux meilleures années. Mais ce n’est pas grave, car je me suis aussi concentré sur autres choses, comme mener une vie riche en activités parascolaires, faire du bénévolat, voyager et occuper plusieurs emplois.

Vous ne voulez pas nécessairement un médecin qui a une moyenne de 4,0. Vous voulez un médecin qui a vécu des expériences de vie, en plus d’être un érudit. J’estime donc que mon défi résidait dans le fait que j’étais issu d’une culture et d’un milieu très, très différents de ce que représentait ici le fait d’être bon à l’école et que je devais trouver le moyen de faire évoluer cette mentalité pour réussir au Canada.

Q : Qu’est-ce qui vous motive chaque jour?

Je pense que pour moi, rien n’est plus agréable que de voir un patient qui retrouve la santé et de le voir sourire le lendemain; c’est extrêmement motivant. Le fait de travailler avec une équipe formidable me donne également beaucoup d’énergie. Je ne fais partie du personnel que depuis quelques mois, mais j’ai beaucoup de chance de travailler à cet endroit. Tout le monde autour de moi souhaite que je réussisse. J’aime également beaucoup voyager et cela contribue à mon épanouissement.

Q : Y a-t-il quelque chose que vous êtes impatient de découvrir ou dont vous souhaitez faire l’expérience au cours des prochaines années?

Nous avons un programme de recherche très actif ici au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick, et je suis donc impatient d’évoluer en tant que chercheur et de participer à des essais de plus grande envergure. Mes collègues me soutiennent et sont les personnes idéales auprès desquelles je peux acquérir cette expérience.

Sur le plan personnel, l’un des grands objectifs de ma vie consiste à gravir les sept sommets.J’aimerais bientôt escalader le mont Blanc et traverser les volcans équatoriens. Après une semaine bien remplie, une bonne randonnée et une promenade dans la nature s’imposent.

Q : Que recommanderiez-vous aux stagiaires ou aux membres de la SCC en début de carrière?

Impliquez-vous! Tendez la main vers vos collègues et créez des réseaux autant que possible. Rejoignez la SCC, participez au CCSC. Plus vous êtes présent, meilleures sont les perspectives qui s’offrent à vous, n’est-ce pas? Si vous êtes prêt à travailler d’arrache-pied, à tisser des liens et à faire preuve de bienveillance à l’égard des autres, des portes s’ouvriront à vous. Le Dr Steve Meyer, chirurgien cardiaque à Edmonton, m’a dit un jour que pour décrocher une bonne résidence, ou même un bon emploi, il faut incarner les trois « A », c’est-à-dire, être « accessible, affable et apte ». Demandez-vous donc comment vous pouvez manifester ces qualités.

J’ai du mal à croire qu’on en arrive presque à la fin de cet entretien et que je n’ai pas encore mentionné la Dre Michelle Graham, la présidente actuelle de la SCC. Elle m’a aidé et encadré d’innombrables façons au fil des années et, bien qu’il s’agisse d’une personne extrêmement occupée, elle trouve toujours le temps de me soutenir et de m’aider à progresser. Vous ne savez jamais qui vous rencontrerez au sein de la SCC et qui jouera un rôle déterminant dans le cadre de votre carrière.

Q : Y a-t-il autre chose que vous aimeriez communiquer aux membres potentiels de la SCC?

La seule chose que je voudrais dire, c’est que nous sommes parfois tellement occupés dans nos vies de cardiologues, de chirurgiens cardiaques et d’autres professionnels de la santé et médecins, que nous ne réalisons pas l’importance de s’impliquer à l’échelle nationale, ou même à l’échelle provinciale ou locale. Si vous envisagez d’adhérer à la SCC, je vous encourage vivement à le faire! Et donnez-vous quelques années pour découvrir tout ce qu’elle peut vous offrir et comprendre en quoi elle peut être utile à votre carrière, puis partez de là.

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